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Compte-rendu de l’audience avec l’IA au sujet...
Publié le 20 novembre 2018 | snudi FO 87

Vendredi 16 novembre 2018, Thibault Bergeron, pour le SE-Unsa 87 et Ahmed Boufenghour pour le Snudi FO 87 ont été reçus par Mme Orlay, IA 87 et M Gauthier, adjoint de l’IA pour évoquer la violence en milieu scolaire. Cette audience faisait suite à une interpellation commune relative à une problématique de violence vécue dans une école.

Nous avons clairement rappelé les réalités du terrain à l’IA et à son adjoint. Un acte de violence d’un élève, d’un parent d’élève à l’encontre d’un personnel de l’école ne doit jamais être banalisé ou sous-estimé. Il s’agit bien là d’une violence dont les conséquences psychiques, physiques peuvent être graves pour les victimes.

L’IA a écouté attentivement nos propos. Elle a indiqué que le service public et donc l’école gère toute la diversité des publics. Elle a précisé qu’elle était consciente des difficultés rencontrées par les équipes et qu’elle faisait au mieux pour accompagner tout en reconnaissant ne pas avoir suffisamment de réponses sur le court terme. Elle a indiqué que les réponses se construisaient sur un temps long, par interstices, avec un accompagnement des personnels. Elle a ajouté qu’il était nécessaire d’anticiper au maximum les situations afin de les prévenir tout en admettant la difficulté de l’exercice.

De notre côté, nous avons expliqué que dans ces situations, nos collègues attendaient un soutien fort, une aide bienveillante de la part de leur hiérarchie. Il est bien du devoir de notre hiérarchie de nous protéger dans des situations de violence.
En outre, nous avons aussi expliqué que si nos collègues pouvaient être en difficulté, c’est aussi et surtout parce qu’ils sont confrontés à des troubles qui ne relèvent pas de leur champ de compétences. Un élève violent peut avoir besoin d’une prise en charge relevant du soin ou de l’action d’un éducateur pour aller mieux. Or nos collègues ne sont ni pédo-psychiatres, ni éducateurs. Ils sont des professionnels de la pédagogie, de la didactique. Ils ont une expertise légitime dans le domaine de l’éducation mais certains troubles sortent largement de leur champ de compétences. A ce titre, nous avons rappelé à l’IA que les listes d’attente dans les services de soin (parfois 3 ans) sont inacceptables. En outre, nous avons expliqué que l’un des réflexes d’un enseignant placé dans cette difficulté est de douter, de se remettre en cause, voire de culpabiliser. Pour autant, il est victime et il n’est pas responsable de cette situation. Il est confronté à un problème pour lequel même la force du collectif ne peut pas toujours être salvatrice.

Nous avons aussi demandé à l’IA de soutenir le travail mené par le CHSCT départemental dans le cadre du protocole sur les élèves perturbateurs. Il sera nécessaire d’en assurer une diffusion large à nos collègues. En outre, rappelons que lorsqu’un adulte de l’école subit une violence, il est nécessaire de rédiger une fiche du registre santé et sécurité au travail. Celle-ci sera transmise à la hiérarchie et aux membres du CHSCT. Avec cet écrit, l’administration ne pourra plus indiquer qu’elle n’était pas informée de la situation. En cas d’incident grave, il est possible de remplir un signalement dans l’application « Fait établissement » sur Onde. L’information remonte alors directement au cabinet de l’IA et met en branle une procédure. De plus, l’incident est alors comptabilisé dans les statistiques nationales. Seul un écrit est opposable à l’administration. Les deux leviers actuels sont donc le registre santé et sécurité et l’application « Fait établissement ». N’hésitez donc pas à en faire usage.

Par ailleurs, nous avons aussi expliqué à l’IA que la prise en charge des collègues victimes, voire de leurs élèves (témoins d’une violence) devaient être au cœur des réflexions.

L’audience s’est conclue après plus de deux heures d’échanges.

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